Cabinet vétérinaire
Philippe Bocion
Méd.vét., Comportementaliste
Av. du Clos-d'Aubonne 38, CH-1814 La Tour-de-Peilz (VD)
Tél : 021 944 13 88
Diabète sucré 
Copyright : Ph.Bocion, Médecin vétérinaire, comportementaliste, CH-1814 La Tour-de-Peilz (Suisse) 

 
Qu'est-ce que le diabète ? 
 
En fait, il existe plusieurs sortes de diabètes (diabète insipide, diabète rénal, diabète sucré); et pour chaque sorte de diabète il peut exister plusieurs types différents. 
 
Le diabète sucré correspond à un excès de glucose (= sucre) dans le sang. Il est causé par un manque d'insuline ou une efficacité insuffisante de cette hormone dont la fonction est de réguler le taux de glucose. 
 
Cette maladie a des conséquences graves pour l'organisme si elle persiste sans être soignée. 
 
Est-ce une maladie fréquente ? 
 
Le diabète sucré concerne en moyenne 0,2 à 1 % des chats et chiens qui sont présentés au vétérinaire. 
Il s'agit donc effectivement d'une maladie qui n'est pas rare. 
 
Comment se manifeste le diabète sucré ? 
 
Généralement, les principaux signes que l'on va remarquer sont une augmentation des urines et une plus grande soif de l'animal. 
Les autres symptômes sont plus variables d'un individu à l'autre. Il peut y avoir des modifications de l'appétit, un changement de poids, des troubles neurologiques, l'apparition d'une cataracte, un manque d'entrain, etc. 
 
Est-ce une maladie qui se traite bien ? 
 
C'est une maladie qui va se traiter plus ou moins bien selon les cas et selon les situations. 
Dans certains cas, on peut avoir à faire à un diabète sucré transitoire qui va disparaître grâce aux mesures instaurées. Il se peut ainsi que le diabète d'un animal obèse disparaisse lorsqu'il retrouve un poids normal. Chez la chienne, il arrive que le diabète puisse être supprimé grâce à la stérilisation car cela provoque des modifications hormonales bénéfiques. 
 
Dans une majorité de cas, le diabète sucré va nécessiter un traitement à vie mais qui permet de stabiliser correctement l'état de santé du chat ou du chien. 
 
Il y a aussi des cas où le traitement ne réussit pas. 
 
Quelles sont les causes d'échecs ? 
 
Elles peuvent être diverses. 
Il peut s'agir d'une cause "physiologique" : certains organismes répondent mal aux traitements à disposition. 
Mais cela peut aussi être dû au mode de vie de l'animal ou à son tempérament. Si on prend l'exemple d'un chat qui a besoin de recevoir chaque jour deux injections à heures fixes et des repas eux aussi donné selon des horaires précis, le traitement peut s'avérer difficile voire impossible pour un chat qui vadrouille à l'extérieur ou bien qui est particulièrement agressif lors des soins. 
 
Le traitement est donc exigeant ? 
 
Effectivement. 
Tout d'abord, il va falloir s'assurer du diagnostic, ce qui va nécessiter d'effectuer des analyses, notamment des analyses de sang et d'urine. 
 
Ensuite, pour chaque animal, il faut procéder à un ajustement du traitement individualisé afin de déterminer le produit le mieux adapté, le bon dosage et la bonne fréquence d'administration du médicament. Cela va nécessiter des séries d'analyses répétées. 
 
Puis, le traitement consiste généralement en des injections quotidiennes d'insuline (1 à 2 fois par jour selon les cas) combinées à une adaptation de l'alimentation : aliment composé de manière spécifique aux besoins d'un animal diabétique et horaires des repas défini précisément en fonction des injections d'insuline. 
 
Comme on l'a dit précédemment, dans la majorité des cas ce traitement devra être poursuivi à vie, tous les jours, sans interruption. 
 
Il s'agit donc en effet d'un traitement exigeant, d'autant plus qu'il faudra régulièrement procéder à des analyses de contrôles pour vérifier l'efficacité du traitement et son bon ajustement. 
 
En quoi consistent ces contrôles réguliers ? 

l s'agit de vérifier que les doses d'insuline administrées maintiennent effectivement le taux de sucre au niveau adéquat : ni trop haut, ni trop bas. Pour cela, on procède à des analyses de sang et d'urine à intervalle régulier, en fonction de l'état général de l'animal en traitement. 
 
Donc il faut retourner régulièrement chez le vétérinaire ? 
 
On dispose actuellement de dispositifs qui permettent au propriétaire d'effectuer lui-même une partie de ces analyses sans avoir à se rendre chez son vétérinaire. Le propriétaire d'un animal diabétique qui le souhaite peut donc apprendre à effectuer ces analyses qui doivent se faire en moyenne 2 fois par semaine. 
 
Pour les analyses plus complexes, qu'il est recommandé de réaliser tous les 3 mois environ, il faut par contre aller chez le vétérinaire. 
 
A part le traitement par l'insuline qui nécessite des injections quotidiennes, n'y a-t-il pas d'autres traitements possibles ? 
 
Il existe des alternatives sous forme de médicaments à faire avaler. 
Mais ces antidiabétiques par voie orale ne donnent des résultats satisfaisant que dans 15 à 35 % des cas environ. 
De plus, ce sont des produits dont on sait qu'ils peuvent s'avérer néfastes, de sorte qu'il est généralement préférable de traiter le diabète sucré par des injections d'insuline. 
 
Peut-on prévenir le diabète sucré ? 
 
Un diabète sucré peut avoir différentes origines (génétique, immunitaire, infectieuse, etc.). 
Si certaines causes ne peuvent pas être influencées, il y a des facteurs de risque connus que l'on peut éviter. 
 
L'un d'eux est l'excès de poids, qui constitue un facteur de risque central : un chat en surpoids a un risque environ 4 fois plus élevé de développer un diabète sucré. En veillant à ce qu'un animal conserve ou retrouve un poids normal, on réduit considérablement le risque qu'il développe un diabète sucré. 
 
A ce sujet, il convient de rappeler qu'un chat qui pèse par exemple 5 kg alors que son poids idéal est de 4 kg présente un surpoids de 25 %. Cela équivaut à ce qu'un homme pèse 95 kg alors que son poids normal serait de 75 kg. Donc, à l'échelle d'un chat ou d'un petit chien, un simple kilo représente donc un surpoids considérable qu'il vaut la peine d'éviter !